Par Mashako
30/12/07
La congolité ne suffit pas à plus de 90% des Congolais. Elle ne leur rapporte qu’ennuis d’ordre sécuritaire ou d’ordre
socio-économique.
Pourquoi nous taire devant une situation qui nous condamne à parler ? Comment nous taire lorsque nos grand-mères,
nos mères, nos sœurs, nos épouses, nos belles mères, nos belles sœurs, nos filles, nos petites filles, nos nièces, nos
cousines, nos consoeurs et nos voisines sont violées à longueur des journées par les INTERAHAMWE alias FDLR.
Comment nous taire pendant que le gouvernement de la république se permet le luxe de payer à l’intellectuel des
intellectuels (entendez l'enseignant congolais) un salaire mensuel de 10$U.S sur des millions des dollars U.S que l’Etat
congolais brasse journellement ? A-t-on l’idée de la hauteur réelle de faramineuses recettes douanières, fiscales,
minières et de la vente d’électricité à près de 6 pays voisins du Congo?
D’ailleurs, qui a le pouvoir de décréter la congolité des gens, du moment qu’il est raisonnable de considérer qu’il ne s’
agit là que d’un état d’esprit ?
Et puis, avant d’être congolais, ne sommes-nous pas Kivutiens ? Et avant cela, ne sommes-nous pas des Havu, des
Hunde, des Hutu, des Kano, des Kumu, des Kusu, des Nande, des Nyanga, des Rega, des Shi, des Tembo, des Tutsi,
des Twa, etc. ? Et somme toute, ne sommes-nous pas tout simplement des ETRES HUMAINS, ayant droit au BIEN-ETRE
que les pouvoirs qui se succèdent au trône dans notre pays nous refusent à l’unisson ?
L’unité nationale est un acquis incontestable de la congolité. Cela prouve que cette dernière est une étape cruciale par
laquelle il faut obligatoirement passer, mais sans devoir s’y arrêter, car notre expérience de 50 ans montre à suffisance
que cette congolité ne peut malheureusement donner que l’unité nationale et elle l’a donnée. Ensuite il faut évoluer et
passer à l’étape de la Kivutienité (dans les autres provinces on parlerait de la katangaïté, l’équatorité, la kasaïté, la
bandundité, l’orientalité, etc.) qui a pour tâche essentielle de redistribuer les biens communs à tous les fils et filles de la
nation vivant dans l’espace physique appelé KIVU, non pas en fonction de tribus et clans auxquels ils appartiennent, mais
au prorata du rendement individuel éprouvé de chacun dans un système de travail et d’emploi organisé et bien huilé.
Le katanga est actuellement entrain de distancer toutes les autres provinces de la RDC grâce à l’observance de la
katangaïté qui est de mise là-bas, sur le plan politique et économique. Ce que la congolité n’avait pas été en mesure de
faire pour l’ex Shaba est aujourd’hui en train de se matérialiser par Moïse Katumbi, sans que cette province soit
considérée comme sécessionniste ou encline à être annexée à l’ex-Rhodésie du Nord (Zambie) ou du sud (Zimbabwe)
qui furent jadis les bases arrières de la sécession katangaise des années 60. Nous aurions souhaité que ce droit au
développement soit permis à toutes les provinces de la RDC, afin que l’envol soit effectif pour l’ensemble du pays.
Au Kivu nous avons beaucoup d’atouts humains, miniers, énergétiques, agro-pastoraux et surtout touristiques. Comme
vous pouvez le constater, l’aspiration des Kivutiens au développement n’est donc pas une hérésie. Nous, kivutiens, avons
marre du sous-développement de notre Region. Nos sorties inévitables (enclavement oblige) vers les pays voisins
potentiellement moins nantis que la seule province du Kivu nous permettent de toucher du doigt les faits du
développement. Cela nous pousse à réaliser avec stupeur combien la politique centralisatrice du gouvernement de
Kinshasa nous maintient inutilement dans le sous développement. Le Kivu à une armée forte et la plus aguerrie de toutes
les armées de notre pays la RDC. Cela est un atout primordial pour sécuriser notre propre processus de développement
rapide. Le Kivu veut décoller tout de suite et vite. N’en déplaise à ceux qui vivent du sang, des larmes et de la division des
enfants du Kivu.
Nous voulons, sans délai, construire une usine de production de gaz méthane que nous vendrons dans l’ensemble de la
RDC et dans les pays voisins qui en auront besoin. Nous voulons réhabiliter et moderniser le tourisme du Kivu. Nous
voulons ressusciter et moderniser la sucrerie de Kiliba et la cimenterie de Kakondo (Katana). Nous voulons créer une
société générale de mine qui exploiterait et commercialiserait tous les minerais du Kivu dans la transparence et dans l’
intérêt des Kivutiens et des Congolais. Il est vrai que comparaison n’est pas raison, mais les atouts du Kivu étant
supérieurs à ceux de la province sœur du Katanga, il n’est pas tout à fait rêveur de dire qu’en peu de temps, grâce au
savoir-faire des enfants du Kivu, réunis ou non au sein du CNDP, notre province peut pulvériser le record de l’actuel SMIG
katangais qui est de 100$/mois.
Mais tout cela à une et une seule condition : LA DISPARITION IMMEDIATE ET SANS CONDITION DES INTERAHAMWE
DE TOUT L’ENSEMBLE DU KIVU. La planète Terre est vaste, qu’ils aillent partout ailleurs où veut la communauté
internationale. Le Kivu les a hébergé depuis 1994, maintenant cela suffit. Nous n’en voulons plus sur le territoire du Kivu.
Leur présence est, non seulement source de viols et des maux en tout genre, mais elle est surtout le frein au
développement du Kivu, or ce développement est la seule urgence pour cette province qui déborde de générosité (n’a-t-
elle pas donné aux katangais le pouvoir suprême, la première fois par la voie des armes et la seconde fois par la voie des
urnes en l’espace de dix ans ?)
Ceux de nos frères Kivutiens ayant encore du temps à perdre dans des rencontres inutilement budgétivores du type
CONFERENCE NATIONALE SOUVERAINE, DIALOGUE INTERCONGOLAIS INCLUSIF-EXCLUSIF ou du genre
CONFERENCE POUR LA PAIX AU KIVU qui ne sont, en réalité, que des palabres tribalo-ethniques pour promouvoir les
corrompus et légitimer la corruption doivent vite se ressaisir , car ces fora, nous le savons tous, n’accouchent jamais de
solution valable face aux problèmes de fond qui se posent de manière chronique à notre pays la RDC et à notre Etat
fédéré du Kivu.